Brezhoneg ha Plijadur !

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Thème de l’année

lundi 9 octobre 2017

En 2018, la Redadeg propose un thème important pour le développement et l’avenir de la langue :
Brezhoneg liesliv - les couleurs du breton
Pour mettre en avant la richesse des parlers bretons sur le territoire.

« Ce n’est pas le même breton et quelle chance nous avons ! »

Il est certain que nous sommes chanceux de parler une langue à ce point diverse d’un côté ou de l’autre de notre pays. Rien ne nous parait plus beau que d’entendre les gens d’ici dire qu’on ne parle pas partout le même breton : on peut entendre prononcer « brezh’neg », « brezhouneg » ou encore « brehoneg » et tout nous est pourtant parfaitement compréhensible.

Notre richesse, c’est notre langue. Un élément qui nous est propre tout comme notre culture. L’un ne peut aller sans l’autre, en aucune manière.
C’est toujours un immense plaisir pour nous d’entendre parler des gens dans un breton différent du nôtre. D’autant que nous vivons dans un monde globalisé où l’on exhorte les gens à penser de la même manière et à boire le même breuvage noir et sucré que l’on soit à Paris, San Francisco ou Lima.
Mais le breton, ou les bretons plutôt, possèdent leur musique propre. Et la question n’est pas d’utiliser ou non des mots français dans la phrase mais plutôt de conserver l’esprit, la syntaxe et la prosodie propre à la langue bretonne. Car au-delà des mots et des phrases c’est une manière d’appréhender le monde.
Or on retrouve aujourd’hui trop souvent l’influence du français dans la construction des phrases et il nous semble que si nous continuons dans cette direction nous perdrons vraiment cette singularité de notre langue qui nous fait voir et comprendre le monde autrement.

Une chose est sûre : nous assistons chaque jour à la disparition de brittophones (bretonnants) élevés en breton depuis toujours, ceux qui l’ont appris sur les genoux de leur mère et qui s’en vont, emportant avec eux une partie de la richesse de notre culture.

Malgré le travail formidable effectué dans les écoles et par ceux qui forment les adultes, il est temps de réfléchir à la langue que nous souhaitons transmettre.
Car le breton, comme toute autre chose, a évolué et n’est pas resté arrimé au début du siècle passé. Les gens ont inventé des mots nouveaux en fonction de leurs besoins et en lien avec leur époque comme ils l’ont toujours fait de génération en génération.
C’est en apprenant le plus possible la langue auprès de nos anciens que nous comprendrons ces évolutions, ainsi que l’importance et la richesse de la langue bretonne, et que nous pourrons appréhender la richesse de notre patrimoine et de notre identité.

Tâchons de faire de notre mieux pour permettre aux gens de continuer de penser et de parler en breton. A nous d’imaginer d’autres manières pour faire le lien entre ces bretonnants (ou brittophones) et ceux qui le deviennent. Il en va de même pour les ponts à créer entre le breton actuel et celui qui nous est transmis par les plus anciens.

De cette manière, nous pourrions un jour entendre :
« Ah tiens, ce n’est pas le même breton, mais il est très plaisant à écouter, parlons donc breton ! »